Les étapes du métier

   Les étapes de la réalisation d’un manuscrit sont nombreuses, longues, fastidieuses et minutieuses. Chacune requiert un savoir-faire traditionnel particulier et des gestes vieux de plusieurs siècles. Aujourd’hui cependant, quelques techniques actuelles facilitent le travail, telles que le porte-mine, la gomme ou le papier calque ! Contrairement au Moyen Age où chaque étape était pratiquée par une personne différente, l’enlumineur d’aujourd’hui est désormais complet et polyvalent.

  • Préparation du parchemin. Après avoir été humidifiée et tendue, la peau (chèvre, mouton, veau…) est poncée légèrement. Cette étape consiste à retirer les impuretés déposées sur le parchemin comme la poussière ou le sébum des doigts. Le parchemin est alors plus facile d’utilisation et encres et couleurs y adhèrent mieux.

 

  • Traçage des lignes, marges et délimitations qui déterminent le format du sujet, la tailles des enluminures, des espaces réservés au texte et les lignes qui guideront l’écriture. Elles seront ensuite effacées.

 

  • Calligraphie à la plume d’oie, plume métallique ou encore calame.

 

  • Dessin. Les dessins sont exécutés soit directement sur le support définitif soit plus généralement sur une feuille annexe afin d’éviter d’abîmer le parchemin ou le papier lors d’éventuels gommages. Les formes sont ensuite décalquées puis reportées sur le support.

 

  • Encrage. Les traits sont repris à l’encre afin de fixer les formes sur la page.

 

  • Pose de la feuille d’or à l’aide de gesso, colle de poisson ou autres mixtions. Pour faire briller l’or, l’outil utilisé est un brunissoir en pierre d’agate.

 

  • Pose des couleurs. Les couleurs sont appliquées sous forme de pigments mélangés à des ingrédients naturels qui vont permettre la cohésion entre eux et une bonne adhésion au support. Les couleurs sont posées par plusieurs couches successives, avec beaucoup de précautions. Chaque pigment, ayant une composition chimique bien particulière, requiert un geste différent dans son application. La peinture commence par la pose des aplats de fond, jusqu’au premiers plans. Vient ensuite l’étape des dégradés, en commençant par les ombres pour finir par les lumières.

 

  • Finitions (rehauts, derniers détails, cernes de contours…)

 

  • Coupe du parchemin

 

  • Reliure dans les cas nécessaires. Elle est elle-même un artisanat à part entière, composée de multiples étapes.

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